Femmes Inspirantes – Le Bar à Visage – Partie 2
L’élan entrepreneurial
Q6. Qu’est-ce qui vous a donné l’élan de créer votre propre institut ?
Dalila : L’élan s’est construit avec le temps. Le Bar à Visage est ma seconde expérience entrepreneuriale. Le vrai saut, le plus difficile, je l’avais déjà fait en quittant le salariat pour me lancer dans le conseil. Je continuais alors à faire ce que je savais faire : la qualité, les certifications, les audits dans l’industrie.
Ce premier pas a été déterminant, bien avant la création de l’institut.
Et puis, progressivement, une envie commune – celle qu’Atika a très bien exprimé – s’est imposée : aller vers le bien‑être, vers un environnement plus féminin, plus humain, plus aligné avec ce que nous étions devenues. Ce dernier point est essentiel : l’alignement.
Pendant un temps, j’ai gardé « un pied ici et un pied là ». Ma dernière mission d’accompagnement en audit, était un projet intéressant, bien rémunéré, avec des équipes agréables. Rien de compliqué, rien d’hostile. Mais je n’étais plus alignée. Et Atika l’a vécu avec moi.
Je me souviens très bien de ces retours de mission dans les zones industrielles, en tailleur, talons, cartable à la main. Je ne respirais vraiment qu’en franchissant la porte du Bar à Visage.
C’était là que je me sentais bien, c’était là que je retrouvais du sens.
J’ai tenu les dernières années parce que j’étais engagée. Mais à un moment, on sait. On continue à avancer, mais on sent au fond de soi que l’harmonie n’y est plus. Et maintenir ces deux univers en parallèle devenait réellement éreintant, surtout en étant aussi épouse et mère.
L’élan est venu de là : du besoin d’être cohérente et de construire, avec Atika, un lieu qui nous ressemble.
Q7. Quelles ont été les étapes les plus déterminantes dans la construction de votre institut : les choix, les renoncements, les intuitions ?
Dalila : Dès le départ, nous avons posé un cadre très clair : ce serait du bio, du naturel, et rien d’autre. Ce choix n’a jamais été un argument commercial, c’était une conviction. Très vite, nous avons reçu beaucoup de propositions : des marques, des machines, des protocoles « tendance ». Certaines étaient séduisantes, d’autres très rentables. Mais nous avons refusé systématiquement tout ce qui ne correspondait pas à notre vision.
Ce que nous voulions, c’était un institut cohérent, spécialisé, avec une vraie identité.
Ensuite, il y a eu les étapes concrètes, celles que l’on ne voit jamais de l’extérieur. Au début, rien de particulier : de l’administratif, les travaux, la coordination avec les corps de métier – un milieu très masculin dans lequel il faut souvent s’imposer – et des délais de livraison qui s’allongent. En tant que femmes entrepreneures, nous devions gérer tout cela avec, en plus, les mensualités, le loyer, et la nécessité de commencer à travailler vite. Cette phase demande de la rigueur, de la lucidité et une vraie endurance.
La deuxième étape déterminante, c’est la création de notre propre marque de soin. Un dossier lourd, avec une administration exigeante et des procédures parfois longues, ce qui peut créer son lot de frustrations. Il faut tout simplement continuer, avec patience et détermination.
Puis il y a eu les moments heureux : la validation du dossier, le lancement des produits, et la fierté de voir la marque prendre sa place sur le marché et continuer à grandir, avec une base solide, une diversification progressive de la gamme et une signature artistique affirmée.
La troisième étape, c’est notre ouverture au B2B, avec une offre dédiée aux entreprises. Nous avons créé un coffret cadeau autour d’une collection olfactive haut de gamme, avec une sélection exigeante : parfums, bougies, mèches en coton, formules avec le moins d’allergènes possible, bouchons en hêtre naturel.
C’est une autre manière de faire rayonner notre univers, avec la même exigence et la même cohérence.
Q8. Dans un univers où tout semble déjà exister, comment avez-vous trouvé votre style, votre identité, votre manière d’être unique ?
Atika : Notre identité est née de notre association. Nous venons de deux univers différents, ce qui nous permet d’avoir une vision à la fois structurée et précise mais aussi très sensible et intuitive.
On ne s’est jamais dit : « il faut être différentes », on s’est dit : « il faut être justes ».
Le Bar à Visage est le reflet de qui nous sommes : un lieu intime, exigeant, où chaque détail compte, mais où l’humain reste au centre.
Notre singularité, c’est cette manière de faire du soin une véritable expérience, avec présence, écoute et intention.
Q9. Quelles difficultés avez-vous rencontrées en tant que femmes entrepreneures dans le domaine du soin, et comment les avez-vous traversées ?
Dalila : Créer Le Bar à Visage nous a confrontées à beaucoup de responsabilités : gérer un projet, se constituer une clientèle, maintenir un niveau d’exigence élevé au quotidien… Il y a eu des moments de doute, de fatigue, comme dans tout parcours entrepreneurial, mais ce qui nous a toujours portées, c’est notre duo.
Notre complémentarité est une force. Quand l’une fléchit, l’autre soutient. Quand l’une doute, l’autre éclaire. On se rééquilibre, on se stimule, on avance ensemble.
Atika : On a appris à construire dans la durée, avec patience et cohérence. Rien ne s’est fait dans la précipitation : chaque étape a été pensée, assumée, portée à deux. C’est cette solidité-là – notre manière d’être ensemble – qui nous a permis de traverser les difficultés et de rester fidèles à notre vision.
Q10. Quel message aimeriez-vous transmettre aux femmes du Cercle de l’Elégance et à toutes les femmes, plus généralement, qui souhaitent créer, entreprendre ou simplement affirmer leur propre manière de faire et d’être ?
Dalila : On leur dirait de ne pas attendre d’être parfaitement prêtes.
Créer un projet comme Le Bar à Visage, c’est d’abord un chemin intérieur. Il faut apprendre à s’écouter, à faire confiance à son intuition, même lorsqu’elle n’est pas encore totalement claire. Les doutes et les peurs font partie du processus : ils ne sont pas des obstacles, mais des étapes.
Atika : Et surtout, il n’y a pas de modèle unique. Chacune peut créer sa propre manière de faire, à condition qu’elle soit sincère. C’est cette sincérité qui donne naissance à quelque chose de fort, de durable, et profondément aligné.
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En quittant le Bar à Visage, ce qui demeure, c’est la manière d’œuvrer : une précision calme, une manière d’accueillir et une attention qui tient lieu de signature.
Ce sont des gestes qui parlent d’eux‑mêmes et qui rappellent ce que le Cercle de l’Élégance cherche à mettre en lumière : un savoir‑faire et un savoir‑être qui révèlent et magnifient.
Je laisse le lieu et celles qui le font vivre continuer à exprimer, à leur manière, ce que la beauté peut avoir de vrai.